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Septembre 2014,

 

Depuis quelques années, je pars chasser le cerf au brame dans les  montagnes  Pyrénéennes.


C'est au matin du 4ème jour de chasse que je décide de monter entre deux cerfs qui se lancent des affronts vocaux, il est 7h30, il fait très gris en sous-bois, je viens de tomber sur l'arc car l'herbe gelée du matin me fait glisser.


Vers 7h40 j'arrive à la hauteur d'un des cerfs que je ne vois pas, mais qui se trouve à environ 80m. Je l'entends craquer des branches en frottant ses bois contre un arbre. Je décide alors de rester là, d'encocher une flèche et de me préparer à différents scénarios de tir. Je m'aperçois alors que mon repose flèche est cassé dû à la chute de tout à l'heure. Il ne tient qu'à un filament de plastique et me dis que ce sera le dernier tir pour lui. A ce moment le cerf apparait dans mon champ de vision, il est à 40m et vient très lentement dans ma direction (direction de l'autre cerf qui brame derrière moi). Il décide de passer par dessous et j'ai le vent du matin descendant, je me dis que je vais encore être éventé comme deux jours auparavant à la souille. Au moment où sa tête passe derrière ce gros arbre, j'arme l'arc en toute délicatesse, et il s'arrête à 15 m de 3/4 face, le pin pointé sur l'avant de l'épaule à la base du coup et la flèche est partie, le cerf prend la fuite.


Quand je me rends à l'anschuss, je trouve mon encoche, 10cm de flèche (coté empennage) et aucune trace de sang. Quand je décide de faire les premiers pas sur la piste du cerf, je trouve les premières gouttes de sang au saut d'un caillou à 20 m. Puis petit à petit, heure après heure, plaque de sang après plaque de sang, doute après doute, je trouve enfin mon cerf mort à environ 700m et 4 heures de recherche. La flèche a atteint le coup et pénétré jusqu'à l'entrée de la cage thoracique. Les poumons n'ont pas été touchés. Il a fait hémorragie par les artères du coup.


Enfin, quelle joie immense vous envahit à ce moment-là !!! Séance photo, découpe et préparation pour le retour vers l'hôtel.


Bonne lecture,


Xavier, membre de l'ACAN depuis 1994,






Vendredi 01/08/2014,

 

Florent et moi arrivons sur place, sur le parking de l'ancienne cabane de chasse située dans le bois.

C'est ma 4eme sortie et la troisième en compagnie de Florent, qui, la semaine précédente a pu prélever son premier grand gibier (brocard 4 pointes de 22kg).

Et comme les fois précédente lorsque que nous sortons de la voiture; la coupure avec le monde urbain est nette : le calme, le vent dans les feuilles, le piaillement des oiseaux

Waaaahhh comme c'est bon et reposant.

Le temps est au beau fixe (et même chaud) malgré les prévisions météo qui prévoyaient des ondées, moi ça me va :)

 

17h45 : Nous sommes prêts et nous avons déjà établie notre plan d'action:

Pour Florent, c'est pose du tree stand (pour l’affût du matin) puis soirée d'approche.

Pour moi, c'est préparation de l’affût au sol du matin puis affût au sol à l'endroit où j'ai vu les sangliers (2 adultes et 6/8 animaux de 15 à 20kg) la semaine dernière

Nous partons ensemble silencieusement, il fait chaud et nous pensons, à tort ou à raison, que le gibier va attendre des températures plus fraîches pour sortir, d’où notre progression d’un pas régulier tout en étant à l'écoute du moindre bruit, du moindre mouvement ou de la moindre tache suspecte.

Nous arrivons à l'endroit ou Florent à décider de monter son TS (bordure de chemin forestier sur lequel les pieds de sangliers sont présents), je laisse Florent aux joies des ascensions arboricoles en lui souhaitant bonne chance et continu mon chemin.

 

18h15 : Après avoir laissé un repère visuel sur le chemin pour pouvoir m'orienter plus rapidement dans l'obscurité du matin et je m'enfonce dans le bois jusqu'à mon affût au sol, à 10m d'une coulée ou un renard est venu muloter il y a 2 semaine et ou un petit 4 est passé à 3m dans mon dos, semaine dernière pour rejoindre l'endroit où le renard était la semaine auparavant ??? et le chemin forestier, il sert à quoi si personne ne l'empreinte??? Comment je fais, moi, pour adopter une stratégie pour flécher mon premier grand gibier si tout le monde fait n'importe quoi en fait c'est après cette 2eme montée d'adrénaline que je suis allé explorer cet endroit si fréquenté pour m'apercevoir que c'est une coulée et donc je prépare mon affût et dégage mes zones de tirs éventuelles, je suis prêt et confiant pour cette chasse du matin, fini de jouer, on passe aux choses sérieuses ......

 

18h30 Je décide de descendre la pente en traversant cette régénération de frêne pour rejoindre la lisière du bois avec le colza puis longer la lisière pour rejoindre mon affût du soir.

Je longe le colza puis rentre de 40m dans le bois pour rejoindre l'endroit où j'ai vu les sangliers à deux reprises, c'est un régénération de chêne très propre (tellement claire que je ne vois aucune coulée au sol, les troncs fonts une vingtaine de cm de diamètre et avec les premières branches à 3-4m de haut) avec une petite zone sale à coté de laquelle je m'installe pour faire un tir vers le bas de la pente d'où sont censé arrivé les sangliers (à moins de 15m)

 

19h30 ça y est je suis installé.

L'attente commence avec comme toujours ces éternelles interrogations, est ce que mon choix est bon et si je m'étais mis un peu plus près de la lisière ou plus haut ça n'aurait pas été plus judicieux oui? non? et il y en a qui croit qu'on s'amuse à la chasse, non c'est psychologiquement fatiguant. ;)

Une chose est sûr, les vents ne sont pas bons et vont en direction (de ma gauche vers ma droite) de l'arrivée présumée des sangliers, de toute façon j'y suis j'y reste et me dit que vu que je suis dans la pente (en hauteur par rapport aux sangliers qui devraient arrivés en contre bas) mon odeur leurs passera au-dessus, oui je sais je rêve tout éveillé.

Et si quelque chose arrive de ma gauche (peu probable car pas repéré de coulée) je suis à bon vent mais à découvert, hormis les troncs de 15 à 20 cm de diamètre (pour un gaillard de 1m86 et 85Kg, il reste de la surface visible), la seule chose qui m'est favorable est cette zone salle à laquelle je suis collé qui en en fond derrière moi.

Vraiment pas terrible ce choix, vivement l’affût du matin qui semble plus prometteur.....

 

20h25 Du bruit dans les feuilles derrière moi, le palpitant part dans les tours, ce n’est pas possible, ça arrive toujours du côté que l’on n’a pas prévu...

Je tourne la tête vers la droite lentement et le max possible : rien puis la gauche: rien. Ça bouge toujours, je tourne le buste pour augmenter l'angle de vision c'est en fait un mulot à 2 m derrière moi............Ouuuuf je décompresse quand je vous dis que ce n’est pas de tout repos, c'est du stress la chasse.

Il va me tenir compagnie pendant 1 h, comment une chose aussi petite peut faire autant de raffut,

Every game is a big game.... non détend toi tu n'as pas fait 1h30 de route pour tirer du mulot, je suis clément ..........pour cette fois ......

 

21h00 J'entends grognement et couinement mais assez loin sur ma droite : LES SANGLIERS arrivent ça se passe comme prévu et bien sur le palpitant monte d'un cran dans les tours, je les attends de pieds ferme.

Un peu plus tard, re- grognement et couinement mais toujours au loin ça n'a pas l'air d'avoir bougé.

Ils m'ont peut-être éventés c'est n'importe quoi chasser à mauvais vents, ça se saurait si c'était efficace!!! Mais j'y crois toujours

 

21h20 Du bruit dans les feuilles sur ma gauche, mon compagnon de chasse (mulot) certainement...

Oh put..... non chevreuil (le palpitant repars dans les tours), détend toi c'est peut être une chevrette à 40 m en sous-bois je ne vois pas d'indices.

Ça vient sur moi de 3/4 face si ça continu ça va passer à l'endroit de sortie présumée des sangliers en contrebas à une quinzaine de mètre, mais ce n’est pas possible il (elle) ne peut que me voir ...

Voilà c'est fait il oui IL (car 2 petites pointes présentes entres les oreilles) s'arrête quasiment de face à un petit 20m et essai d'identifier cette forme bizarre en faisant des mouvements de tête de bas en hauts et de gauche à droite.

Voilà je suis grillé, de toute façon l'emplacement n'était pas bon : a mauvais vent si ça venait de la droite et à découvert de la gauche, eh ben le chemin va être long avant mon premier prélèvement :(

Mais qu'est-ce qu'il fait il ne part pas en aboyant ou fait demi-tour, il continu son chemin de quelques mètres puis bifurque à droite et monte la pente il va être plein travers à moins de

15m au pas, ce n’est pas possible il va s'arrêter régulièrement pour m'observer?, choper une odeur? (eheh attention je suis un super prédateur, je chasse à bon vent moi...., tu parles merci la chance oui....) mais non il continu comme si de rien n’était, ce n’est pas possible!! J’y crois pas!!!, à ce moment le cœur est au taquet, je n'entends plus rien, tout ce qui compte c'est ce chevreuil et je suis focalisé dessus.

Dès qu'il passe derrière ces 2 tronc si proches qu'ils n'en forment qu'un, j'arme, hop voilà je suis armé, il s'arrête la tête cachée par un tronc, voilà fallait bien qu'il y est un hic quelque part, je ne vais pas pouvoir tenir très longtemps le BW armé, Ouf il repart après 2 à 3 secondes (une éternité) et reprends son ascension toujours impassible malgré tous ces détails qui auraient dû lui mettre la puce à l'oreille, je n'y crois toujours pas........

je suis sur le point de lâcher mais une petite voix me dit la visée, la visée, effectivement je suis au moins 1 mètre au-dessus (en fait l'arc est dirigé vers le brocard et pas de visée à proprement parler je rectifie la visée, enfin je crois parce que à partir de là, je ne sais plus si j'ai pris un point précis ou pas, c'est le trou noir et je libère ma première flèche sur un grand gibier (en fait il n'y a pas que la flèche qui se trouve libérée mais une partie de la tension engendrée par toute cette phase avant tir et à partir de cet instant tout ce que je souhaite c'est ne pas blesser et un loupé magistral me libérerait instantanément de toute cette tension encore présente)

 

21h25 Bruit d'impact sec et cassant, et l'image suivante est le chevreuil qui se débat à terre avec les 3/4 du tube alu 2117 visible (seulement 1/4 du tube a pénétré).

Je regarde la scène, je n'ai pas présence d'esprit de ré encocher, je suis scotché à mon siège comme un con (petit moment de lucidité dirons certains), dur de trouver le qualificatif mais je dirais surpris, je m’attendais à un loupé ou un départ en trombe avec la flèche.

Le chevreuil se débat sans pouvoir se relever et glisse de 2 m dans la pente, je quitte mon état léthargique, quitte mon siège, ré encoche une flèche en me dirigeant vers mon brocard, en arrivant près de lui je vois qu'il ne se relèvera pas, la flèche qui est trop en arrière et trop haute a touché la colonne, je sors ma dague et met un terme à ses souffrances ,c'est l'impact visible sur la photo, (celui de la flèche est caché involontairement par la branche du BW) qui est trop haut lui aussi mais j'étais toujours dans le speed, la vie le quitte doucement voilà c'est fini.

J'appelle jean Marie (président), qui me félicite, pour lui signaler que le deuxième et dernier chevreuil attribué en tir d'été vient d'être prélevé et récupérer le bracelet.

J'essaie de joindre Florent pour partager ce moment, ce moment partagé ensemble la semaine dernière pour lui aussi son premier chevreuil.

 

- Matériel : Arc BW PSAII 60"/60lbs a mon allonge, flèche alu easton XX75 en 2117 équipée d'une magnus Stinger (4lames)

- Atteinte : tir à 11m de profil sur animal au pas, flèche très en arrière (milieu du corps) et trop haut qui par chance touche le haut de la colonne (la chance du débutant) avec peut-être (et même certainement) un tir en sous allonge

Quant au bilan final, ce prélèvement tiens vraiment a peu de chose, depuis le début du tir d'été, à ma connaissance il y a eu deux loupés par des archers chevronnés, d'autres auraient pu décocher sur des animaux mais s'étaient fixés sur un animal bien précis, là où je veux en venir c'est que ces 2 bracelets auraient pu, en d'autres circonstances, être fermés depuis longtemps mais le destin en a fait autrement et m’a permis de réaliser (avec une part de chance) ce prélèvement.

Un merci particulier à Jean Marie et Audrey pour leurs implications et leurs disponibilités dans la gestion de l'association et de ce territoire qui m'a permis ce premier prélèvement et cerise sur le gâteau, en tir d'été.

 

Franck,





Vendredi 25/07/2014,


16h45 : Nous arrivons avec Franck sur les lieux et installons nos tentes. Ce n'est que notre deuxième sortie ici, mais en quelques sortes nous avons déjà pris nos habitudes.


Une fois installées nous pouvons nous préparer pour le coup du soir. En rentrant nous retrouverons nos pénates prêts pour y passer une nuit au sein de Dame nature : seuls des chevreuils et autres sangliers pour nous bercer, le pied en somme !


17h45 : Nous partons au bois, et nous nous rendons vite compte, surtout moi avec mon tree-stand et mon sac à dos, qu'il fait encore très chaud. Je suis en loque au bout de 30min. Le montage du tree-stand promet !


Je décide de me poster au niveau d’une petite souille à proximité de la réserve et trouve rapidement "arbre à mon pied". Des sangliers ont été vus et Jérémy en a même tiré un récemment... A en voir les traces, gratis, et autres tranchées faites dans les environs je n'ai aucun mal y croire.


18h45 : Je suis bien installé, ai un peu séché et quelques courants d'air viennent me rafraîchir un peu la nuque. J'ai mon buttolo autour du coup et décide de lâcher quelques appels. Rien ne semble bouger, même si un brocard aboie soudain au loin, est-ce pour me répondre, j'en doute ! Ils sont très expressifs en ce moment, et n'ont certainement pas besoin de moi pour pousser ce genre de vocalise.


19h15 : J'étends un animal s'approcher doucement. Le bruit des feuilles très sèches trahit son approche, il se dirige droit vers moi. Il remonte la pente, et s'il continue sur la même trajectoire il finira sous mon arbre !


Je le distingue maintenant entièrement c'est un 4 pointes. Le brocard passe devant moi et je l'ai plein travers à moins de 15m, il contourne la souille et se déplace en formant un arc de cercle autour mon poste.


Il passe juste devant moi maintenant et un arbre s'interpose, j'en profite pour armer et à peine il réapparaît que ma flèche part.


L'adrénaline m'a fait monter dans les tours. Elle m'a aussi fait oublier qu'il faut prendre un point précis sur l'animal et non la masse. La flèche est trop en arrière, elle a ricoché sur une côte avant de casser la patte arrière dans un bruit sourd (plus tard Franck, posté à quelques pas de là, me dira avoir tout entendu de la scène).


19h25 : Le chevreuil vacille et essaie de reprendre ses appuis pour battre en retraite, cependant il se rend vite compte qu'il ne peut plus courir. Il crie, il tombe, et finalement va se coucher à une centaine de mètres du point de tir.


Je vais l'observer pendant une heure ainsi. Parfois ne distinguant plus qu'une oreille, mais ne le perdant jamais de vue.


19h45 : Il bouge encore les oreilles. Il a l'air de plus en plus faible, mais le fait de le voir toujours vivant me gêne.


Je décide de descendre de mon poste afin de mieux me rendre compte de son état.


20h00 : D'en bas je le distingue bien mieux, je vois qu'il a besoin de poser la tête par manque de force, la mort le gagne c'est sûr mais pas assez vite à mon goût.


Je décide de le contourner à bon vent et de tenter un tir pour l'achever.


En remontant vers le chemin, je découvre avec surprise que Franck surveille la scène à distance, il a quasiment tout vu et en quelques mots il comprend que je veux rattraper le coup et corriger cette mauvaise flèche.


Le chevreuil est une bonne centaine de mètre plus bas, et le chemin sinueux va par chance me rapprocher de lui, je devrais pouvoir le surplomber et peut-être pouvoir l'atteindre mortellement.


Je commence mon approche, lentement mais déterminé. Je contrôle une ou deux fois en contre bas et je constate avec joie qu'il n'a pas bougé et que je vais pouvoir profiter d'une position idéale. A 10 mètres de lui, en léger surplomb et à bon vent.


20h15 : Un petit hêtre parfait mon camouflage.


Je me relève légèrement, prend le point cette fois, et la flèche le traverse de part en part au niveau des poumons. Il tombe lourdement sur le coup et ne se relèvera pas.


20h30 : Je suis heureux, heureux de savoir qu'il ne souffre plus, heureux d'avoir partagé ce moment fort avec Franck, et heureux d'avoir tué à l'arc mon premier chevreuil.


Florent,




 

Vendredi 07/02/2014,


Rendez-vous était donné aux membres de l'ACAN pour une chasse au chevreuil en forêt communale d'Evreux.


A 09h00, l'équipe est au complet, nous sommes 5 pour cette dernière journée de chasse sur ce massif.

14 h 30, nous attaquons la dernière traque, je décide de prendre la pente et de laisser mon copain et sa chienne un peu plus haut sur le plateau.

Alors que nous marchons tranquillement, ma chienne se met à l'arrêt à une bonne vingtaine de mètres de moi. Je me rapproche délicatement d'elle et arrivé à sa hauteur je scrute les feuilles devant elle mais rien.

Petit à petit, j'écarte mon cercle d'observation et alors que mon regard se pose sous une petite touffe de ronces claires, une tache blanche attire mon attention.

Je cherche à distinguer la forme mais rien, c'est elle ou pas, je cherche le détail qui me confirmera mes pensées quand d'un coup je vois son oeil et là elle se dessine sur les feuilles, ses courbes m'apparaissent distinctement.

Au fur et à mesure où elle se dessine sur son tapis de feuille, l'arc monte, s'arme, puis la décoche et le floc de la délivrance, la flèche est bonne....

Avant d'aller chercher la belle, je tombe à genoux et hurle de bonheur au milieu du bois.

Je me relève et vais la chercher, je suis comme un môme.... C'est ma première bécasse à l'arc.....

Mon copain immortalise le moment au milieu du bois, en me disant que cette saison est vraiment magnifique pour moi....

Je la tire à environ 8 m.

 

Jean-Marie,